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Au Revoir Là-haut
note moyenne
4,5
9017 notes dont 1130 critiques
46% (523 critiques)
36% (412 critiques)
10% (118 critiques)
4% (42 critiques)
2% (22 critiques)
1% (13 critiques)
Votre avis sur Au Revoir Là-haut ?

1130 critiques spectateurs

benoitG80

Suivre son activité 932 abonnés Lire ses 1 299 critiques

4,5Excellent
Publiée le 26/10/2017

Avec « Au revoir là-haut », l’horreur donne rendez-vous à la magie, un tour de force que signe là Albert Dupontel avec éclat et sensibilité, en adaptant ce prix Goncourt de Pierre Lemaître! Une réussite époustouflante où la terrible guerre des tranchées, montrée sous un réalisme unique et saisissant, arrive à côtoyer des instants merveilleux de grâce et de délicatesse ! Tout sera dit avec un simple échange de regards, doublé de quelques très beaux croquis à l’aquarelle et ensuite les bombes et l’horreur, jusqu’à être enseveli vivant... On suivra ensuite les aventures de ce duo de rescapés, composé d’Albert Dupontel et de Nahuel Pérez Biscayart, tous deux déglingué pour l’un ou gueule cassée pour l’autre, avec énormément de tendresse et de passion, tant ce qu’ils vivront et rencontreront nous touchera avec une grande pudeur, et un véritable flot d’émotion ! Quelle audace d’avoir su nous plonger dans cet univers farfelu, pétillant d’inventions où la poésie d’un sourire de papier saura à lui seul, créer un effet enchanteur et incroyable, un univers qui fourmille de petits bricolages, de belles trouvailles où notre âme d’artiste se réveillera et s’ouvrira à coup sûr ! Car d’artiste avec cet Edouard Péricourt, il sera vraiment question ! Un magicien des idées et des couleurs, qui malgré la douleur de son traumatisme et avec la complicité de son ami comptable Albert Maillard, saura toujours nous cueillir juste là où il faut, avec beauté, malice et même un humour servi sur la pointe des pieds... Pour preuve, rien que sa collection de masques, tous révélateur de l’humeur du moment, fait frémir quand on songe à sa première utilité, tout en étant à la fois superbe et énigmatique... Et à travers leur histoire mutuelle de bidouillage lucratif, on croisera toute une panoplie de personnages qui iront du cynique pervers (Laurent Lafitte) au zélé et intègre (Michel Vuillermoz), en passant par un père terrible d’une présence irradiante étonnante (Niels Arestrup)... On ne peut être que comblé par toute cette palette de sentiments et d’émotions que nous réserve tel un présent ce cinéaste décidément plus que doué, un sacré bonhomme vraiment... Un véritable festival qui sait savamment osciller du drame profond à une légèreté apparente et bienfaisante, et dont rien que la scène finale d’une intensité et d’une tension à couper le souffle, vaut à elle seule le coup d’être découverte !

dominique P.

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 26/10/2017

Je ne connaissais pas ce roman, je ne l'ai pas lu. Et là, grâce à ce film, je découvre une histoire passionnante et un film remarquable. Déjà la bande annonce était très attirante. Sincèrement cette histoire et ce film méritent tous deux la note maximale. C'est rare d'assister au cinéma à la vision d'une histoire aussi intéressante, foisonnante, passionnante. A la fois nous sommes émus et nous rions. Aussi, la qualité du film est vraiment haut de gamme, à tous les niveaux. Bravo et merci pour ce magnifique film.

Rodopodo

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 25/10/2017

Juste un mot: parfait Je crois l’un des plus beaux films que j’ai pu voir cette année. Dupontel nous partage son indéniable talent de cinéaste et d’acteur. Les acteurs, l’histoire, la musique, la mise en scène ... tout est impeccable. On s’attache et l’émotion est palpable à chaque instant. Un film au-delà de la beauté. Je recommande !!

symphonie10

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4,5Excellent
Publiée le 25/10/2017

J'ai vu ce film hier en avant première, c'est un très beau film ! J'ai été scotchée par la réalisation, la reconstitution, un superbe film et une belle histoire. J'ai lu la critique des "inrock" et du "monde", pour information, qui ont mis les notes "pas terrible" mais pour qui se prennent ces gens là ? Que les "inrocks" nous découvre de nouveaux talents et que le monde s'occupe de nous informer vraiment sur l'état du monde et laissent leurs lecteurs se divertir d'une belle histoire bien contée et bien réalisée, ce qui est tout ce qu'on demande quand on va au cinéma. Serait-ce trop demander à ces journaux de soutenir le cinéma français au lieu de le descendre alors qu'il y a vraiment du talent dans ce film et je parle de toute l'équipe ! Merci.

CLAIRE M.

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 26/10/2017

MERCI !!! Monsieur Dupontel votre film est un chef d'oeuvre ! MERCI ! Ce film fait le plus grand bien ! Il vous touche au plus profond de vos entrailles, d'une justesse sans nom du grand Dupontel ! N'hésitez pas une seconde, je ne dévoilerai rien de ce film, il est juste bon de le découvrir, juste un mot pour Monsieur Dupontel : ENCORE !

nefastodelirio

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 26/10/2017

J'ai lu le livre et je craignais beaucoup une eventuelle deception. Le film non seulement ne m''a pas deçu, mais je l'ai beaucoup aimé, c'est très spectaculaire, c'est touchant, beau, beau. beau. J'irai le revoir.

Xatu X.

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 25/10/2017

Ça fait très longtemps que je n'avais pas connu une aussi bonne expérience cinématographique à propos d'un film français ! C'est un peu triste à dire mais par rapport à la "concurrence" il n'y a pas photo, c'est sans doute l'une des meilleures leçon de cinéma que puisse nous offrir nos studios cette année, voir depuis plus longtemps. Ce n'est ni une comédie au ras des paquerettes, ni un film social à pleurer, ni de la b******** intellectuelle de réalisateur obscur ou l'on se demande toujours où ils ont bien pu trouver un financement. Enfin un bol de modernité, de grandiose. Enfin de beaux costumes, de beaux décors, de belles images bien travaillées. Et surtout une histoire bien écrite et dans une époque excellemment reconstituée, les profs d'histoire apprécieront ! Même des acteurs que je trouvais jusque là cantonnés à des rôles et que je n'appreciais pas particulièrement on fini par me surprendre et je suis aujourd'hui fan (je pense à Laurent Laffite, excellent !). Je remercie donc Dupontel et tout ces cinéastes qui tentent de réinsuffler un esprit epic au cinéma français et ne pas le laisser se faire monopoliser par les cancres.

lacroix p

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4,5Excellent
Publiée le 26/10/2017

Virevoltant, émouvant, un film qui vous marque même si on ne tombe jamais dans le sentimental Les acteurs sont parfaits

michaelhino

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 26/10/2017

Dupontel 7/ Besson 0 Inrocks & Le Monde vous êtes finis 💩💩 Magnifique film qui commence par du Spielberg, puis du Jeunet, on enchaine sur du Scorsese et on termine par du Palma .... Avec la bienveillance de Coppola ! Beaucoup de prix à venir 👍😎🙏😇

cohen31

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 26/10/2017

Je sors de la salle de cinéma et je me précipite pour saluer le chef-d’œuvre d Armand Dupontel. Tout est parfait et je lui prédis le César du meilleur film. Le César des meilleurs comédiens. Le César de la mise en scène.ect......Enfin une bonne surprise

Dominique V.

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4,5Excellent
Publiée le 30/09/2017

J'ai eu la chance de voir le film en avant-première à Evreux, où A.Dupontel est venu le présenter lui-même avec toute la verve, l'énergie, l'humour, l'empathie discrète et l'intelligence qu'on apprécie. Son film est à son image : brillant, dense, spectaculaire, vif. On sent qu'il aime les gens. Ses acteurs sont formidables. Ses choix techniques audacieux et payants. Wouah ! Ce film va dépoter !

lhomme-grenouille

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4,0Très bien
Publiée le 02/11/2017

Je ne connais rien du bouquin original mais je peux vous dire que je m’y connais un peu en Dupontel. Or, pour moi, ce mec là, aujourd’hui, c’est clairement l’un des rares auteurs dont le cinéma français peut être fier. On aime ou on n’aime pas : au moins ce gars fait des choix formels forts, il a un sens de la narration et du rythme, et surtout il n’a pas peur d’aller chercher l’émotion. Alors OK, c’est vrai que ça ne marche pas tout le temps, comme c’est le cas pour cet « Au revoir là-haut ». Perso, je ne suis pas très fan du début dans les tranchées : la photo tire bien trop sur l’orange, la présentation du personnage de Pradelle est à la limite du grotesque, et les scènes de combat singent plus souvent les plus grands qu’elles ne posent vraiment une patte singulière. Mais qu’importe au fond, car plus le film avance, et plus on se rend compte que ce n’est pas cela le sujet. Un peu dans le sillage du récent (et vraiment sympa) « Cessez-le-feu » d’Emmanuel Courcol, Dupontel s’intéresse ici (en même temps c’est le roman qui l’y invite sûrement) à « l’après » de la Grande guerre. Et c’est là pour moi que la magie du prince Albert fonctionne à plein. Ce gars, on sent qu’il a une sensibilité à fleur de peau. Sa manière de capter les regards, de générer un instant touchant, ou bien encore de réenchanter les situations les plus tragiques : voilà bien sa grande force. Ce gars ne se complait pas dans la misère, il ne joue jamais de la facilité. Il part toujours à la recherche du bon point d’équilibre entre l’émotion brute et la retenue subtile qui permet d’obtenir quelque-chose de subtil, complexe, mais direct. Alors certes, tout n’est pas parfait. J(azi déjà parlé de la photo au début, je pourrais aussi parler de la musique de Christophe Julien qui alterne entre le bon et le moins bon (…heureusement le meilleur est pour la fin.) Mais à côté de cela, que de choix justes ! Le casting pour commencer, et notamment Nahuel Perez Bisquayat qui nous sort un truc vraiment puissant tant son personnage est complexe à faire vivre et à faire évoluer ! Parfois il ne dispose que d’une gestuelle, que d’un regard, et pourtant ça perfore à chaque fois dans le mille. Alors c’est vrai, le jeu de masques dont il dispose et la mise en scène de Dupontel sont clairement à son service, mais quand même ! Et que dire du reste ! Pour ce film, Dupontel m’a sorti toutes les trombines du cinéma hexagonal que j’adore en ce moment ! Laurent Laffite, une fois de plus, fait le taf comme il le faut. Niels Arestrup irradie encore une fois de sa classe et de sa remarquable subtilité pour transmettre les émotions. Même Mélanie Thierry m’a tiré quelques sourires émus tant le peu qu’elle avait à faire était juste et fort, c’est dire ! Et que dire de la prestation toute en efficacité de la petite Héloïse Balster ? Que dire de la présence fugace et jouissive de mon Michel Vuillermoz adoré ! Ne manquait plus que Pinon et le Belge Bouli Lanners pour que je sois aux anges ! Je pourrais encore tellement m’étendre sur ce sujet ou bien sur tant d’autres ! Par exemple, au-delà du casting je pourrais évoquer tous les choix forts judicieux opérés par Dupontel pour retranscrire cette période intermédiaire entre fin de guerre et début des années folles. Que ce soit au travers des décors, des détails glissés ça et là, ou bien encore tout simplement au travers de certaines scènes (…comme celle mémorable de fête dans l’hôtel), Dupontel mélange toujours astucieusement mélancolie et désir de retrouver la joie ; cynisme total et recherche désespérée d’un retour vers une certaine forme d’innocence… Au fond, ce qui semble finalement le plus brider ce film, c’est son intrigue originale. Même si je n’ai pas lu l’ouvrage de Pierre Lemaître, et que je ne peux donc pas juger des contraintes posées et des libertés prises, je trouve quand même qu’on sent une certaine inertie dans le développement de l’intrigue, chose qui est fort peu coutumière du le cinéma de Dupontel. C’est bête, mais plus d’une fois je me suis dit : « Je ne comprends pas pourquoi Dupontel a préféré raconter la chose ainsi. » Et à chaque fois, ma réaction a toujours été la même : « Ah oui, c’est peut-être le roman original qui l’y oblige… » Alors oui c’est frustrant, mais qu’on ne s’y trompe pas non plus. Même un peu plus rigide que d’habitude, un film de Dupontel reste un film de Dupontel. Et même, je trouve qu’en fin de compte, ça ne fait pas de mal non plus de voir un auteur sortir de sa zone de confort pour se risquer à faire du neuf. Là, au vu du résultat final, j’avoue que ce serait difficile pour moi de lui donner tort. En fin de compte, je l’adore ce film, et en cette période de vaches maigres, ce n’est clairement pas moi qui vais minimiser ses forces et ses mérites… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)

Loïck G.

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4,5Excellent
Publiée le 25/10/2017

Habituellement, la reconstitution historique made in France est d’une laideur à vous dégoûter de l’Histoire et du cinéma. Voyez maintenant ce Paris au sortir de la première guerre mondiale, comme si le réalisateur (Dupontel) avait filmé in situ. Un environnement idéal pour reprendre le verbe du Goncourt 2013, Pierre Lemaitre et cette histoire de gueule cassée, que l’on croit mort et qui revit pour mieux se venger. De l’Histoire, de ses salauds et de sa famille qui pourtant le pleure et le supplie en souffrant. Exceptionnel, Nahuel Pérez Biscayart est dans la peau de ce personnage aux côtés de gens tout aussi beaux et forts pour exprimer une œuvre totalement habitée.  Dupontel en premier, qui de la caméra au plateau façonne un itinéraire que le spectateur ne peut lâcher un instant, tant la prise de paroles et la force de l’image confèrent à l’ensemble une stature cinématographique imposante. Laurent Lafitte, Niels Arestrup, Emilie Dequenne, Mélanie Thierry et la jeune Héloïse Balster en constituent l’ossature. Un grand plaisir de les voir jouer. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com

L'Otaku Sensei

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3,5Bien
Publiée le 24/11/2017

De Dupontel, je n'avais vu jusqu'à présent que "Neuf mois ferme" (2013), cette comédie plutôt simple mais bien poilante mettant en scène l'histoire d'une juge célibataire coincée campée par Sandrine Kiberlain, se retrouvant mystérieusement enceinte et cherchant à découvrir de qui tandis que le tribunal la met sur l'affaire "Bob Nolan", un dangereux criminel est en cavale. Du coup, avec "Au revoir là-haut", cela reste pour moi une entrée en matière dans la filmographie d'Albert Dupontel. "Au revoir là-haut" est le genre de film qu'initialement, je n'avais pas prévu d'aller voir dans mon agenda des sorties cinéma de l'année mais ces derniers temps, à force de retours dithyrambiques et d'un accueil critique extrêmement bon (certaines critiques acclamant déjà le film comme un nouveau Classique du Cinéma Français ! ^^) dont une moyenne de notes Spectateurs Allociné de 4,5/5 (O_O )qui a piqué u vif ma curiosité de Spectateurs ouvert, en plus d'étudier justement Les Années folles en Histoire Culturelle des Arts du Spectacle dans mes études sup (le film tombe à pique comme révisions à l'approche des partiels xD). Bon, "Au revoir là-haut", quatrième film du réalisateur-acteur et humoriste Albert Dupontel après "Enfermés dehors" (2006), "Le Vilain" (2009) et, "Neuf mois ferme" (2013), adaptation du roman éponyme de Pierre Lemaître, nous plonge en pleine France mondaine d'après guerre. L'histoire de "Au revoir là-haut" prend place en 1919; à l'aube des Années folles, dans une France en pleine mutation artistique. Albert Maillard, modeste comptable et soldat rescapé de la 1ère Guerre Mondiale ou il a été mobilisé, et Edouard Péricourt, artiste dessinateur amateur, fils d'une prestigieuse famille de la haute bourgeoisie Parisienne, défigurée par un obus au cours du conflit, décident de s'associer pour monter ensemble une opération d'escroquerie à des fins artistiques. Cependant, les ex militaires devront redoubler d'ingéniosité et de prudence, surtout avec leur ancien Lieutenant, Pradelle dans les parages, semblant lui aussi être mêlé à des affaires douteuses. Albert et Edouard parviendront-ils au bout de leur entreprise sans être démasqué dans leur clandestinité ? Peut on encore surmonter le traumatisme de la guerre et vivre heureux même en étant une "gueule cassée" ? Quel est le rôle et la place de l'Art dans la société d'après guerre ? Et si là était la solution, l'Art comme moyen ultime de lutter contre la mort ?? Voilà pour le pitch global. Verdict : Une véritable oeuvre d'Art !! Un vrai tableau de cinéma, une "Toile Cinématographique (je viens d'inventer ce terme mais j'l'aime bien !). Vraiment, "Au revoir là haut" est un film passionnant sur bien des points. A travers l'adaptation du roman de Lemaître, l'acteur du "Convoyeur" (2004) et d'"Un long dimanche de fiançailles" (2006) nous livre ici un film d'une ambition esthétique remarquable à travers cette fresque peinte d'une main d'artiste ! Avec "Au revoir là haut", le réalisateur transforme sa caméra en pinceau et met en scène une transposition très réussie de la France de la fin des années 1910's à travers l'histoire de ces deux vétérans. Le plus gros atout et indéniable du film et son esthétique, pour un budget élevé à pas loin de 20 millions d'euros, Dupontel l'utilise de la manière la plus utile qui soit. Ainsi, le film parvient à nous immerger pendant 2h dans le portrait d'un Paris mondain/aristocratique fait de grands boulevards de pavés, esthétiquement impeccablement restitué, haut en couleurs dans une ambiance typique mondaine-cabaret-Music hall dans un contexte économique à la Zola, l à l'époque florissante de l'Art Abstrait et du Futurisme, dans une époque de recherche, de remises en question sur le rôle fondamental de l'Art et de redéfinition des valeurs/conventions/moeurs artistiques, prémices des premières Avants Gardes...une réussite technique complète ! L'histoire d' "Au revoir là-haut" est plaisante et intéressante, tantôt comique, tantôt dramatique, la réalisateur arrive bien à alterner les élans entre poésie picturale et la dure réalité des souffrances/séquelles pour les "gueules cassées" (on pensera au tableau d'Otto Dix: "Les Gueules Cassées de la 1ère Guerre Mondiale" de 1920) même si on a vite fait de s'emmêler les pinceaux à travers tout ces complots d'escroqueries, les relations entre les personnages en sous intrigues qui composent la toile. En plus de faire un éloge en lyrisme de la Peinture et du Dessin, Dupontel interroge ici le rôle même de l'Art, en revenant sur la conception philosophique de Malraux selon laquelle : "l'Art est la seule chose qui résiste à la mort". De ce postulat, le réalisateur rajoute une petite couche de sous lecture sur la question du lien entre l'Art et la Mort pour tapisser le fond de sa toile et une autre plus explicite sur l'Art Abstrait (courant en vogue à l'époque du film). Autre point capital, tout au long du film, s'opère un très ingénieux jeu sur les symboles, notamment celui du masque qui est LE centre du film ! Très malin, le réalisateur semble jouer de cette notion à tous les niveaux et il la maîtrise ! Car dans "Au revoir là-haut", le masque caractérise d'abord Spoiler: Edouard, qui porte un masque pour cacher sa bouche défigurée, mais en y réfléchissant bien, le symbole du masque intervient à plusieurs niveaux superposés. Il y a d'abord le masque physique présent dans le film, très vite, le masque devient un vecteur de sens caché symbolique caractéristique de tous les personnages. Car dans le film, tous les personnages portent en fait un masque visible ou invisible. Dupontel bascule quasiment dans une dimension théâtrale pour le coup. Spoiler: on interroge la notion même de masque dans les dialogues entre les personnages à travers une notion triple : Le masque objet artistique, puis le masque suggérer dans le mensonge et la personnalité des personnages...qui portent même un masque vis à vis de nous spectateurs ! C'est un jeu assez génial mais qui à défaut d'être génialement bien pensé....ce petit jeu se retourne contre toi mon cher Albert ^^. Je veux dire par là qu'à force de jouer sur les multiples métaphores/doubles sens du masque, les personnages par rapport au spectateur....n'enlèvent finalement jamais ce masque en question. Tout au long du visionnage j'ai eu l'impression que les personnages n'enlevaient jamais leur masque, qu'ils ne se montraient jamais tel quel au spectateur à travers l'écran et du coup, l'identification n'est que partielle. Conséquence, j'ai eu ce sentiment assez....abstrait (c'est le cas de le dire ^^) assez gribouillis...aucune tristesse, aucun rire ne s'est manifester en moi alors que tout autour toute la salle (70% des spectateurs avaient plus de la quarantaine) était parfois plongé dans un grand fou rire. Niveau casting, Dupontel est tout à fait à l'aise et réussi à amuser la galerie autant qu'à émouvoir dans son jeu (même si son personnage aurait pu gagner encore en profondeur), Niels Arestrup réussi même s'il parle peu à avoir une présence dans le film, même si ce genre de rôle de Patriarche froid et sévère reste classique et qu'on a déjà vu ça dans "De battre mon coeur s'est arrêté" (2005) et "Un Prophète" (2009) de Jacques Audiard. La meilleure surprise reste Laurent Laffite qui, sous l'uniforme de Lieutnant autoritaire et manipulateur surprend de manière positif tant on le connaît pour des rôles plutôt de comédie, "De l'autre côté du Périph" (2012), "16 ans...ou presque" (2013) ou le récent "Papa ou Maman" (2015). Mais Le problème avec le film, c'est que le tableau de Dupontel, aussi beau soit-il...manque d'une certaine Perspective. Comme on est aux portes des années 1920 dans le film, il me paraît approprié de citer ici le concept d' "Oubli Esthétique" de Riccioto Canudo, théorisé en 1921 pour expliquer ce qui pour moi biaise le film. L'Oubli Esthétique, cette façon qu'on a de se projeter dans un film en nous identifiant aux personnages jusqu'à nous oublier nous même...devant "Au revoir là haut", malgré le charme esthétique "pictural" incroyable du film, je n'ai pas réussi à traverser la toile du film et j'en suis rester à contempler le tableau depuis mon siège. Malgré tout, "Au revoir là-haut", reste une très bonne découverte, le film possède un charme certain qui ne fait aucun doute et qui à coup sûr, deviendra d'ici quelques années un classique du Cinéma Français.

elbandito

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4,0Très bien
Publiée le 16/12/2017

Albert Dupontel est enfin parvenu à réaliser le film de sa carrière. Dire que l'adaptation du Prix Goncourt 2013, "’Au revoir là-haut" est un chef d’œuvre semble un peu présomptueux, mais avouer qu'il est le film de l’année et le meilleur de Dupontel, c’est une certitude. Ici, les obsessions de l’artiste se marient parfaitement avec les ambitions du grand réalisateur, toujours à vouloir bousculer un cinéma français parfois moribond. Voilà. C’est arrivé ! Aidé par un budget colossal et une brochette de comédiens exceptionnels, dont la révélation française de l’année, Nahuel Perez Biscayart, jeune Chaplin en puissance dont la seule force du regard pourrait faire plier un Jedi… Dupontel fait son numéro de French Monty Python en s’entourant de Laurent Lafitte ou encore Niels Arestrup, tous deux charismatiques. Le résultat est à la hauteur des attentes du spectateur : à la fois une fresque historique épique, une tragédie familiale et une comédie délirante et exaltée, en phase avec la folie créatrice vertigineuse du grand Dupontel.

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